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NE laissez PAS passer les rêves

Suite à un appel à contributions, le magazine FEMLU m’a annoncé avoir retenu deux poèmes pour leur prochain numéro: PERIL EN LA DOUCEUR sur le thème des féminicides et A VIF sur le thème du deuil de la féminitié lié à la perte des cheveux lors du cancer. En effet, le thème requis était le DEUIL sous toutes ses déclinaisons.

“Alimenté par une passion pour l’art engagé, la culture du magazine féminin et du zine féministe, et motivé par l’envie de partager le savoir et l’importance du mouvement féministe, FEMLU magazine se donne comme mission de réunir les voix artistiques et les courants de pensée féministes d’hier à aujourd’hui.”

Voici les deux poèmes qui ont été retenus pour le prochain numéro:

PERIL EN LA DOUCEUR

Il était une fois nous deux,
Timidement, mais amoureux
La glace n’osait pas se briser,
Nos corps savaient mieux se parler
Sous tes paumes, cette douce ivresse
S’est réduite comme peau de chagrin
Le velouté de tes caresses
S’est mué en un gant de crin

Tu faisais battre, battre, battre mon cœur
Tu n’es plus toi maintenant je le devine à
l’intérieur
Il reste la face cachée, la partie immergée,
La certitude qu’un jour nous pourrons tout
arranger

Je t’aime, mais tu me terrorises
Quand tu joues au mauvais garçon
Libère-moi de ton emprise
Et redeviens mon obsession
Tu ne me couvres plus de bijoux,
Seulement d’hématomes dans mon cou
Nos âmes ont cessé d’être sœurs,
Il y a péril en la douceur

Tu faisais battre, battre, battre mon cœur
Tu n’es plus toi maintenant je le devine à l’intérieur
Il reste la face cachée, la partie immergée,
Et l’espoir que toi, mon Amour, tu vas enfin
changer

Mon prince portait une barbe bleue,
Je suis la Belle au Bois Gisant,
Ils s’aimèrent et vécurent heureux
Jusqu’à ce que tu deviennes violent
Pour le meilleur et pour le pire,
La vie parfois ça se déchire
Comme un rouleau de papyrus;
Adonis tua sa Vénus.

Tu faisais battre, battre, battre mon cœur
De la fureur de vivre, toi tu avais juste la fureur
Il reste la face cachée, la partie immergée,
Et mon linceul devenu mon seul voile de mariée

(Chambre Noire, 2020)

Illustration originale de “Péril en la douceur”

À VIF

Je me sens comme une femme tondue
Fraternisant avec l’ennemi.
Le sentiment d’être mise à nue
Laisse place à celui d’un gâchis.

Châtiment de la kératine,
Palper mon crâne devenu intime.
Ma poubelle est un reliquaire.
Je dis adieu à ma crinière.

Je vis ça comme une punition.
C’était ma parure de Samson.
Pour d’autres, ce n’était qu’un détail.
Les pinces du crabe furent mes cisailles.

Les miens me trouvent toujours jolie.
Ils me complimentent sur ma nuque.
Dans les dessins de ma grande fille,
Le soleil a mis une perruque.

Pourtant je me sens affligée
D’une plaie de plus du carcinome.
Quand mes mains viennent à m’effleurer,
Je ressens comme une douceur fantôme.

(L’Araignée dans mon coeur, 2019)

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